Projet d'école et PPS : le programme EP2 du CAP AEPE expliqué
Le jour de l’EP2, tu tombes sur une mise en situation dans une école maternelle. Un élève de moyenne section est suivi par un AESH. La directrice parle de son PPS. Une autre collègue mentionne un PAP pour un enfant dyslexique. Et le projet d’école est affiché dans le couloir. Si tu ne sais pas distinguer ces dispositifs, tu perds des points sur des questions qui semblent complexes, mais qui sont en réalité très logiques une fois qu’on connaît la différence entre chaque outil.
Voici tout ce que le jury peut te demander sur ce thème.
Le projet d’école : ce que c’est concrètement
Le projet d’école est un document de pilotage pédagogique qui couvre généralement 3 à 5 ans. Ce n’est pas un document administratif vide : il fixe des objectifs concrets pour améliorer les apprentissages des élèves et la qualité de vie à l’école.
C’est le conseil d’école qui adopte le projet d’école, sur proposition des équipes pédagogiques. Le conseil d’école réunit le directeur, les enseignants, les représentants des parents d’élèves et des représentants des collectivités locales. Ce n’est donc pas le directeur seul, ni l’IEN, qui décident : c’est une instance collégiale.
Le contenu du projet d’école s’organise autour d’axes prioritaires choisis en fonction des besoins repérés : réussite des apprentissages, bien-être des enfants, lien avec les familles, activités périscolaires. Il précise aussi les actions pédagogiques complémentaires, notamment pour les élèves en difficulté.
Bon à savoir : En fin d’année scolaire, le directeur présente au conseil d’école un bilan de la réalisation du projet. C’est une obligation réglementaire. L’évaluation des actions fait partie du cycle de vie du projet.
Le rôle de l’AEPE dans le projet d’école
L’AEPE ne rédige pas le projet d’école. Elle ne l’adopte pas non plus. Mais elle le met en oeuvre tous les jours.
Concrètement, cela signifie qu’elle applique les orientations définies par les enseignants pendant les temps périscolaires (accueil du matin, pause méridienne, garderie). Elle assure la cohérence entre les temps scolaires et périscolaires : si le projet d’école met l’accent sur la lecture, l’AEPE peut proposer des activités autour des livres pendant la garderie, en cohérence avec ce que font les enseignants en classe.
Elle peut également être invitée à participer aux réunions d’équipe éducative, notamment pour les enfants qui posent question en dehors du temps de classe.
Les dispositifs personnalisés : PPS, PAP, PPRE
C’est ici que beaucoup de candidates confondent les sigles. Pas de panique. Il y a une logique claire : chaque dispositif correspond à un profil d’élève précis.
| Dispositif | Pour qui | Qui l’initie | MDPH requise |
|---|---|---|---|
| PPS | Enfant reconnu handicapé | MDPH (EPE + CDAPH) | Oui |
| PAP | Troubles dys durables, sans reconnaissance handicap | Conseil des maîtres ou famille + médecin EN | Non |
| PPRE | Grande difficulté scolaire sans handicap ni trouble dys | Équipe enseignante | Non |
Le PPS : pour les enfants reconnus en situation de handicap
Le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) s’applique dès qu’un enfant a été reconnu en situation de handicap par la MDPH. C’est la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) qui instruit le dossier via son équipe pluridisciplinaire d’évaluation (EPE). La CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) valide ensuite les décisions concrètes : attribution d’un AESH, orientation en ULIS, matériel pédagogique adapté, etc.
Le PPS définit tout le parcours scolaire de l’enfant. Il est révisé à chaque changement de cycle, et peut être ajusté à tout moment si la situation évolue.
Pour évaluer régulièrement les besoins de l’élève, l’équipe utilise le GEVA-Sco (Guide d’Évaluation des besoins de Compensation en matière de Scolarisation). C’est le document réglementaire qui formalise les observations sur les compétences de l’enfant en milieu scolaire. Il est transmis à la MDPH pour mettre à jour le PPS.
Conseil : À l’oral, si le jury te demande de citer le GEVA-Sco, précise bien que c’est un outil d’évaluation des besoins, pas un plan d’accompagnement. Il sert à instruire ou actualiser le PPS.
L’ESS et l’enseignant référent : le suivi en pratique
Une fois le PPS en place, c’est l’ESS (Équipe de Suivi de Scolarisation) qui veille à sa bonne mise en oeuvre. Elle se réunit au minimum une fois par an. Elle réunit les parents, l’enseignant, l’AESH le cas échéant, l’AEPE si elle est concernée, le médecin scolaire, le psychologue scolaire, et tout professionnel de soin impliqué.
C’est l’enseignant référent qui anime et coordonne l’ESS. Il n’enseigne pas lui-même à l’élève : son rôle est de coordonner. Il assure le lien permanent entre l’équipe scolaire et la MDPH, et accompagne la famille dans les démarches. Il est, en quelque sorte, le chef d’orchestre du PPS.
Le PAP : pour les troubles dys sans reconnaissance MDPH
Un enfant peut avoir une dyslexie diagnostiquée, un TDAH confirmé par un médecin, ou un bégaiement sévère, sans pour autant être reconnu handicapé par la MDPH. Pour ces situations, c’est le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) qui s’applique.
Le PAP peut être proposé par le conseil des maîtres ou à la demande de la famille. Mais il nécessite l’avis du médecin de l’Éducation nationale, qui évalue si la mise en place d’aménagements pédagogiques est pertinente au regard des troubles. Ce n’est pas le médecin qui rédige le PAP : c’est l’équipe pédagogique, en associant les parents.
En pratique, le PAP prévoit des adaptations concrètes : temps supplémentaire pour les évaluations, utilisation d’un ordinateur, agrandissement des textes, reformulation des consignes.
Le PPRE : pour les difficultés scolaires sans trouble spécifique
Le PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Educative) s’adresse aux élèves qui risquent de ne pas maîtriser les compétences du socle commun en fin de cycle, sans que cela soit lié à un handicap ou à un trouble des apprentissages reconnu.
C’est l’équipe enseignante qui le met en place, en impliquant les parents. Il définit des actions ciblées sur une période donnée : aide personnalisée, tutorat, activités pédagogiques complémentaires. Il est plus souple que le PAP et peut être mis en place à tout moment de l’année.
Bon à savoir : PPRE, PAP et PPS ne s’excluent pas toujours. Un élève peut bénéficier d’un PPRE pour une période de difficulté, puis passer à un PAP si un trouble dys est diagnostiqué plus tard. La progression logique suit l’évolution de l’évaluation des besoins.
AESH et AEPE : deux professionnels qui se complètent
En école maternelle, tu vas croiser des AESH. La distinction avec ton rôle est importante pour l’EP2.
L’AESH (Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap) est recruté pour accompagner un ou plusieurs élèves précisément désignés dans leur PPS. Son intervention est définie par ce document : il peut aider l’élève dans les apprentissages, les déplacements, les gestes de la vie quotidienne, selon ce que prévoit le PPS. Il ne peut pas faire ce travail avec les autres enfants de la classe.
Toi, en tant qu’AEPE, tu accompagnes l’ensemble du groupe. Ta mission ne se limite pas à un enfant en particulier, même si certains enfants peuvent avoir besoin de plus d’attention. Vous pouvez travailler en complémentarité dans la même classe : l’AESH est centré sur son élève, toi sur l’ensemble du groupe.
Conseil : Si le jury te demande de décrire une situation en classe où tu travailles avec un AESH, montre que tu comprends la distinction. Tu ne te substitues pas à l’AESH pour l’enfant handicapé, et l’AESH ne prend pas en charge le reste du groupe. Chacun a son périmètre.
L’inclusion scolaire : les textes à connaître
La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées est le texte fondateur. Elle a posé deux principes majeurs : le droit à la scolarisation en milieu ordinaire pour tout enfant en situation de handicap, et la création de la MDPH dans chaque département.
Avant 2005, on parlait d’intégration scolaire : l’enfant devait s’adapter au milieu scolaire ordinaire. Depuis 2005, le principe d’inclusion retourne la logique : c’est l’école qui doit s’adapter à l’enfant.
L’ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) est un dispositif qui concrétise ce principe : des élèves dont le PPS le prévoit sont scolarisés dans une école ordinaire, participent à la vie de l’établissement, et bénéficient d’un enseignement adapté dans la salle ULIS pour une partie de leur temps scolaire, sous la responsabilité d’un enseignant spécialisé.
Ce qu’il faut retenir
- Projet d’école : 3 à 5 ans, adopté par le conseil d’école, l’AEPE le met en oeuvre sans l’élaborer
- PPS : enfant reconnu handicapé par la MDPH, élaboré par l’EPE, suivi par l’ESS (min. 1 fois/an), coordonné par l’enseignant référent
- GEVA-Sco : outil d’évaluation des besoins de compensation, transmis à la MDPH pour le PPS
- PAP : troubles dys durables sans MDPH, avis du médecin scolaire, proposé par le conseil des maîtres ou la famille
- PPRE : difficulté scolaire sans handicap ni trouble dys, équipe enseignante, période définie
- AESH : accompagne l’élève désigné dans son PPS / AEPE : accompagne l’ensemble du groupe
- Loi du 11 février 2005 : fonde le droit à la scolarisation en milieu ordinaire et crée la MDPH
- ULIS : dispositif inclusif dans une école ordinaire, pas une école spécialisée
Tester ses connaissances sur ce thème : QCM Projet d’école et PPS
Foire aux questions
Quelle est la différence entre le PPS, le PAP et le PPRE ? ▼
Ce sont trois dispositifs distincts selon le profil de l'élève. Le PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation) concerne les enfants dont le handicap est reconnu par la MDPH. Le PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé) vise les élèves avec des troubles des apprentissages durables (dys, TDAH, bégaiement) sans reconnaissance MDPH : il nécessite l'avis du médecin de l'Éducation nationale. Le PPRE (Programme Personnalisé de Réussite Educative) s'adresse aux élèves en grande difficulté scolaire sans handicap ni trouble des apprentissages diagnostiqué, risquant de ne pas maîtriser les compétences de fin de cycle.
Quel est le rôle concret de l'AEPE dans le cadre du projet d'école ? ▼
L'AEPE n'élabore pas le projet d'école, mais elle le met en oeuvre au quotidien. Elle assure la continuité éducative entre les temps scolaires (sous la responsabilité des enseignants) et les temps périscolaires (pendant lesquels elle est la référente). Elle peut être invitée aux réunions d'équipe éducative. Son rôle est d'appliquer les orientations définies par l'équipe pédagogique et d'assurer la cohérence des pratiques auprès des enfants.
Qu'est-ce que la MDPH et quel est son rôle dans la scolarisation d'un enfant handicapé ? ▼
La MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) est la structure administrative qui évalue les besoins et attribue les droits aux personnes handicapées, dont les enfants. Pour la scolarisation, la MDPH instruit le dossier via son équipe pluridisciplinaire d'évaluation (EPE), qui élabore le PPS. La CDAPH (Commission des Droits et de l'Autonomie) valide les décisions : type d'accompagnement (AESH, matériel adapté, ULIS, etc.). La MDPH a été créée par la loi du 11 février 2005.
Quelle est la différence entre l'AESH et l'AEPE en école maternelle ? ▼
L'AESH (Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap) est recruté spécifiquement pour accompagner un ou plusieurs élèves désignés dans leur PPS. Son intervention est définie par ce document. L'AEPE accompagne l'ensemble du groupe d'enfants et assume des missions d'hygiène, de soins, d'animation et de surveillance pour tous. Les deux professionnels peuvent travailler en complémentarité dans la même classe sans pour autant avoir les mêmes attributions.
Qui convoque et anime l'ESS (Équipe de Suivi de Scolarisation) ? ▼
L'enseignant référent anime et coordonne l'ESS. Il veille à la continuité et à la cohérence du PPS tout au long du parcours de l'élève, assure le lien permanent entre l'équipe scolaire et l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH, et accompagne la famille dans les démarches. L'ESS se réunit au minimum une fois par an et peut inclure les parents, l'enseignant, l'AESH, l'AEPE, le médecin scolaire, le psychologue scolaire ou tout autre professionnel concerné.
Sources et references
- Enfant handicapé : qu'est-ce que le projet personnalisé de scolarisation (PPS) ? - Service-Public.fr
- Mettre en oeuvre un plan d'accompagnement personnalisé (PAP) - Eduscol
- Les programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE) - Eduscol
- Le conseil d'école et les autres instances de l'école - Eduscol