Sommaire - Santé, hygiène et prévention

Santé, hygiène et prévention

L'hyperthermie et la gestion de la fièvre

18 min

Léa, 22 mois, est agitée depuis ce matin. Elle refuse son goûter, elle est rouge et chaude au toucher. Tu prends sa température : 39,1 °C. Ses parents ne seront là que dans deux heures. Qu’est-ce que tu fais, dans quel ordre, et qu’est-ce que tu ne fais surtout pas ?

La gestion de la fièvre est l’un des thèmes EP1 où les candidates perdent des points non pas par ignorance, mais par confusion dans l’ordre des gestes. Voici comment cela fonctionne concrètement.

Définition et seuils : les trois chiffres à connaître

On parle de fièvre dès que la température corporelle dépasse 38 °C chez un enfant au repos, normalement vêtu. La température normale oscille entre 36,5 °C et 37,5 °C le matin, et peut atteindre 37,8 °C en fin de journée sans qu’il y ait rien d’anormal.

Trois seuils à retenir :

  • 38 °C : définition de la fièvre
  • 38,5 °C : seuil à partir duquel un traitement médicamenteux est envisagé, si l’enfant est inconfortable
  • 40 °C : hyperthermie grave, consultation urgente obligatoire

L’objectif du traitement n’est pas de ramener la température à 37 °C exactement. C’est de soulager l’enfant. Un enfant à 38,8 °C qui joue normalement n’a pas besoin de médicament. Le critère, c’est l’inconfort, pas le chiffre seul.

Mesurer la température : quelle méthode selon l’âge

La voie rectale : référence chez le nourrisson

C’est la méthode la plus précise. La valeur affichée est directement exploitable, sans correction. Elle est recommandée en priorité chez le nourrisson et le jeune enfant.

La voie axillaire : pratique mais à corriger

On mesure sous le bras. La méthode est possible à tout âge mais moins précise : il faut ajouter 0,6 °C au résultat affiché. Concrètement, si le thermomètre indique 38,2 °C en axillaire, la température corporelle réelle est estimée à 38,8 °C. Ce détail change souvent la conduite à tenir.

La voie tympanique : à éviter avant 2 ans

Le thermomètre auriculaire mesure la chaleur dans le conduit auditif. Rapide et pratique, mais déconseillé avant 2 ans : le conduit du nourrisson est trop court et trop étroit, ce qui fausse fréquemment la mesure. À partir de 2 ans, il donne des résultats satisfaisants.

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Conduite à tenir : les mesures physiques d’abord

Avant tout médicament, trois gestes simples permettent souvent de réduire l’inconfort. C’est l’étape que les candidates oublient le plus souvent à l’oral. Pas de panique, elle obéit à une logique précise.

Déshabiller l’enfant. Retirer les vêtements en excès. Un enfant trop emmitouflé conserve sa chaleur : c’est exactement l’inverse de ce qu’on cherche. On ne le déshabille pas pour qu’il ait froid, on laisse la chaleur se dissiper.

Hydrater régulièrement. La fièvre accélère la perte hydrique. Vous devez proposer de l’eau à intervalles réguliers, même en petites quantités. La déshydratation peut aggraver rapidement l’état d’un jeune enfant.

Maintenir une température ambiante autour de 19-20 °C. Une pièce surchauffée aggrave l’inconfort. Aérer si nécessaire.

Bon à savoir : Le bain tiède n’est plus recommandé. Les recommandations actuelles ont abandonné cette pratique, car les frissons qu’il provoque font remonter la température au lieu de la faire baisser.

Si ces mesures physiques ne suffisent pas, ou si la température dépasse 38,5 °C avec inconfort, on envisage un médicament.

Les médicaments : ce que l’AEPE doit savoir

Paracétamol : traitement de référence

C’est le médicament de première intention. La dose maximale est de 60 mg/kg/jour, répartie en 4 à 6 prises. Il peut être donné par voie orale (sirop) ou rectale (suppositoire).

Ibuprofène : alternative à partir de 3 mois, avec précautions

L’ibuprofène est autorisé à partir de 3 mois, mais uniquement en deuxième intention si le paracétamol est contre-indiqué ou mal toléré. L’ANSM déconseille son usage en contexte infectieux (fièvre hivernale, ORL, varicelle) car il peut masquer une infection bactérienne grave. Il est absolument contre-indiqué en cas de varicelle.

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Aspirine : jamais chez l’enfant fébrile

L’aspirine ne doit pas être administrée à un enfant sans avis médical. Le risque est le syndrome de Reye : une encéphalopathie hépatique grave, potentiellement mortelle. Cette contre-indication est absolue. Si tu trouves de l’aspirine dans l’armoire à pharmacie d’une famille qui te demande de t’en servir, tu refuses et tu expliques pourquoi.

La règle des antipyrétiques

Un seul médicament à la fois. L’alternance paracétamol / ibuprofène est répandue chez les parents, mais aucune étude ne prouve qu’elle est plus efficace. Elle augmente en revanche les risques d’erreur de dosage. Les recommandations de la Sécurité sociale sont claires : un seul antipyrétique à la fois.

Conseil : À l’oral, si le jury te demande “que faites-vous face à une fièvre à 39 °C ?”, commence par les mesures physiques avant de mentionner les médicaments. C’est l’ordre attendu, et les candidates qui l’inversent perdent des points.

Signes d’alerte : quand appeler le 15

La plupart des fièvres sont banales. Certains signes imposent d’appeler le SAMU SANS attendre :

  • Purpura : taches rouges ou violacées sur la peau qui ne disparaissent pas quand on appuie avec un doigt ou un verre. Signe possible d’une méningite à méningocoque, urgence vitale.
  • Nourrisson de moins de 3 mois avec n’importe quel degré de fièvre. Le système immunitaire du très jeune nourrisson est immature, une infection peut évoluer très vite.
  • Température supérieure à 40 °C.
  • Convulsion fébrile : appeler le 15 si la crise dure plus de 5 minutes, si l’enfant a moins de 1 an, si c’est la première convulsion fébrile, si les crises se répètent dans les 24h, ou si l’état général ne revient pas à la normale après la crise. Pendant la crise : coucher l’enfant sur le côté, dégager l’espace autour de lui, ne rien mettre dans la bouche, ne pas le maintenir de force, chronométrer.
  • Raideur de la nuque, maux de tête intenses, vomissements répétés.
  • État général qui se dégrade rapidement : somnolence anormale, refus de boire, respiration difficile.

Rôle du professionnel AEPE

Le professionnel AEPE ne prescrit pas, ne décide pas seul du traitement. Concrètement, voici l’ordre des actions :

  1. Mesurer la température avec le bon matériel, noter l’heure et la valeur.
  2. Appliquer les mesures physiques : déshabillage, hydratation, aération.
  3. Informer les parents sans délai.
  4. Appliquer le protocole de la structure (chaque crèche a un protocole fièvre).
  5. Alerter la responsable si la température monte, si un signe d’alerte apparaît ou si l’état de l’enfant se dégrade.

Dans certaines structures, un PAI (projet d’accueil individualisé) précise la conduite à tenir pour un enfant avec des antécédents de convulsions fébriles. Ce document doit être connu avant la situation, pas pendant.

C’est un rôle d’observation, de transmission et de collaboration avec l’équipe.

Conseil : À l’oral, si le jury te demande “que faites-vous si un enfant monte à 40 °C ?”, ne dis pas “j’appelle le médecin”. La bonne formulation : “J’appelle le 15, j’informe ma responsable, et je reste auprès de l’enfant en attendant les secours.” Tu agis en équipe, pas seule.

Ce qu’il ne faut PAS confondre à l’examen

Erreur fréquenteCe qui est juste
”La fièvre commence à 37,5 °C”La fièvre est définie à partir de 38 °C
”La voie axillaire ne nécessite pas de correction”Il faut ajouter 0,6 °C au résultat affiché
”La voie tympanique est fiable dès la naissance”Elle est déconseillée avant 2 ans (conduit trop court)
“L’ibuprofène et le paracétamol s’alternent pour plus d’efficacité”Un seul antipyrétique à la fois
”L’aspirine peut être donnée à faible dose chez l’enfant”Jamais : risque de syndrome de Reye
”L’AEPE décide seul du traitement”L’AEPE observe, mesure, transmet et suit les protocoles

Ce qu’il faut retenir

  • La fièvre commence à 38 °C, pas 37,5 °C : c’est la confusion la plus fréquente à l’examen
  • Les mesures physiques d’abord (déshabiller, hydrater, aérer), les médicaments ensuite
  • Voie rectale : aucune correction. Voie axillaire : ajouter 0,6 °C. Voie tympanique : déconseillée avant 2 ans
  • Aspirine : jamais chez l’enfant fébrile. Syndrome de Reye, urgence vitale
  • Le rôle de l’AEPE : observer, mesurer, transmettre, suivre les protocoles. Pas prescrire, pas décider seule

Sources

Avez-vous bien compris ?

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À partir de quelle température corporelle parle-t-on de fièvre chez l'enfant ?

QCM - L'hyperthermie et la gestion de la fièvre

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